ANCB
Les 5 et 6 novembre 2026, la Commission thématique Numérique et Innovation Technologique (CT-NIT) de l’Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB) a tenu sa première session à Dassa-Zoumè. Deux jours d’échanges consacrés à l’état des lieux des outils numériques utilisés dans les administrations communales et aux perspectives de leur mise en cohérence.
État civil, finances, ressources humaines, courrier administratif ; les mairies disposent aujourd’hui de plusieurs applications pour assurer leur fonctionnement quotidien. Mais ces outils, souvent développés par des prestataires différents, restent peu connectés entre eux. Une situation qui complique les échanges de données et limite les possibilités d'une gestion véritablement intégrée.
C'est autour de ce constat que les membres de la CT-NIT ont engagé leurs réflexions à Dassa-Zoumè. Sous la présidence d'Abel DJOSSOU, maire de Bopa et président de la Commission, élus et cadres communaux ont examiné les moyens de mieux structurer les initiatives numériques des collectivités et de les adapter à leurs besoins.
35 applications et 27 prestataires recensés
La présentation de la cartographie des applications utilisées dans les mairies a constitué l'un des temps forts de la rencontre. Réalisé avec la contribution des responsables des systèmes d'information des communes de Djougou, Banikoara et Allada, cet état des lieux recense 35 applications couvrant 13 domaines fonctionnels, développées ou fournies par 27 concepteurs et prestataires.
L'analyse révèle plusieurs difficultés : des applications aux fonctionnalités parfois similaires, des systèmes incapables de communiquer entre eux, des coûts de maintenance importants et des enjeux liés à la qualité et à la sécurisation des données.
La présentation de PROGICOM, une solution développée par la Direction des systèmes d'information de la mairie de Dassa-Zoumè, a également illustré le potentiel des compétences locales dans la conception d'outils de gestion adaptés aux réalités des administrations communales.
Le PIAC au cœur des réflexions
Face à cette diversité d'applications, les échanges ont porté sur les possibilités offertes par le Progiciel intégré des applications communales (PIAC). L'ambition est de disposer, à terme, d'un outil capable de faire fonctionner ensemble les différentes applications de gestion des mairies, tout en répondant aux besoins spécifiques des collectivités.
Les participants ont notamment examiné les fonctionnalités susceptibles d'y être intégrées, depuis la gestion administrative interne jusqu'aux services numériques destinés aux citoyens.
Les travaux de groupe ont également permis d'élaborer un projet de feuille de route pour la mandature 2026-2033. Ce document, qui définit les principales orientations et actions à conduire dans le domaine du numérique et de l'innovation technologique, sera soumis à l'examen du Bureau National de l'ANCB pour adoption.
Une dynamique collective pour les communes
Cette première session marque le lancement d'un chantier appelé à accompagner les communes tout au long de la mandature. À travers la CT-NIT, l'ANCB entend favoriser la mutualisation des expériences et l'émergence de solutions communes, afin d'éviter que chaque collectivité ne développe isolément des outils répondant à des besoins similaires.
L'enjeu est de faire du numérique un véritable levier de modernisation des administrations locales, d'amélioration de leur fonctionnement et de rapprochement des services publics des citoyens.
La Commission thématique Eau, Hygiène et Assainissement (CT-EHA) de l’Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB) a tenu, les 27 et 28 octobre 2026 à Grand-Popo, sa première session au titre de l’année. Présidés par le maire de Nikki, Gounou Roland LAFIA JOSEPH, président de la Commission, les travaux ont permis aux participants de faire le point sur les défis du secteur au Bénin et de définir des orientations pour renforcer l’action des communes.
Quelques jours après la mise en place de la Commission pour la mandature 2026-2033, cette session inaugurale a réuni des maires, des adjoints au maire, des élus communaux, des cadres des administrations communales, des représentants des ministères et structures de l’État ainsi que des personnes-ressources.
Au cœur des échanges : la place des communes dans l’amélioration de l’accès à l’eau potable, la promotion de l’hygiène et le développement de solutions durables d’assainissement. À travers des communications et des travaux de groupe, les participants ont procédé à un état des lieux du secteur, en examinant notamment les contraintes financières, les difficultés liées à la maîtrise d’ouvrage communale et les besoins en compétences techniques.
Les réflexions ont également porté sur les enjeux et les défis à relever pour mieux articuler les orientations nationales avec les réalités et les interventions au niveau local. L’objectif est de favoriser des réponses plus adaptées aux besoins des populations et de renforcer la contribution des collectivités territoriales à la mise en œuvre des politiques publiques dans le secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement.
Une feuille de route pour guider l’action de la Commission
Au terme des travaux, les participants ont élaboré une feuille de route destinée à orienter les activités de la Commission au cours des sept prochaines années. Ce document constitue un cadre de référence pour la définition des priorités, la formulation de propositions concrètes et le suivi des actions à mener au bénéfice des communes.
À l’ouverture de la session, le président de la Commission, Roland Lafia GOUNOU, a rappelé la responsabilité des collectivités territoriales face aux enjeux d’accès à l’eau potable, d’assainissement et de santé publique. Il a souligné que, malgré les progrès enregistrés, des besoins importants demeurent dans plusieurs localités, notamment en matière de gestion des déchets, de traitement des boues de vidange et de promotion des bonnes pratiques d’hygiène.
Il a également insisté sur la nécessité de faire de la Commission un véritable cadre de concertation, de partage d’expériences et de formulation de propositions en faveur des communes. Pour lui, les réflexions engagées doivent déboucher sur des actions réalistes, mesurables et durables, en cohérence avec les orientations nationales de développement.
Des participants mobilisés pour des résultats concrets
Satisfaits du déroulement des travaux et de la qualité des échanges, les participants ont salué l’initiative de l’ANCB et exprimé leur reconnaissance à son président, Luc GNACADJA, maire de Cotonou, pour la confiance placée en eux.
Cette première session marque ainsi le démarrage effectif des activités de la CT-EHA pour la mandature 2026-2033. À travers la feuille de route élaborée, la Commission entend disposer d’un cadre de travail pour porter les préoccupations des communes, promouvoir le partage de bonnes pratiques et contribuer à la recherche de solutions durables aux défis de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement au Bénin.
Du 21 au 23 octobre 2026, Grand-Popo a accueilli un atelier de partage des bonnes pratiques identifiées dans le cadre du programme DURAGIRE, mis en œuvre dans les communes de la Basse et Moyenne Vallée de l’Ouémé. Cette rencontre vise à favoriser l’apprentissage entre pairs, en permettant aux communes de valoriser leurs expériences, de s’inspirer des solutions développées par d’autres collectivités et d’identifier celles qu’elles pourraient adapter à leurs propres réalités.
Faire des expériences locales une source d’apprentissage collectif. C’est le principe au cœur de cette démarche qui considère les communes non seulement comme des bénéficiaires d’appui, mais aussi comme des productrices de connaissances et de solutions. L’enjeu est de favoriser la circulation des expériences utiles et de contribuer à une gestion plus durable et plus résiliente des ressources en eau.
Du partage d’expériences à l’apprentissage entre pairs
Pendant trois jours, les participants ont pris part à des séances plénières, des travaux de groupe, des exercices de simulation et des jeux de rôle. Ces différentes activités leur ont permis d’explorer la démarche de benchmarking, de présenter leurs expériences et d’examiner les conditions nécessaires à leur adaptation dans d’autres contextes communaux.
Un accent particulier a été mis sur la préparation des représentants des communes à la présentation de leurs bonnes pratiques. Avec l’appui des experts et de l’équipe d’accompagnement de DURAGIRE, ils ont travaillé à mieux expliquer leurs expériences, les résultats obtenus, ainsi que les ressources et les conditions nécessaires à leur mise en œuvre.
Le marché des bonnes pratiques : apprendre autrement
L’un des temps forts de l’atelier est l’organisation du « marché des bonnes pratiques » qui a donné une dimension concrète et interactive au partage d’expériences.
Chaque commune disposait d’un espace de présentation illustré par une bâche résumant la bonne pratique proposée. Deux représentants, issus de la commune et de la communauté, jouaient le rôle de « vendeurs ». Leur mission : présenter l’expérience, répondre aux questions et mettre en évidence les éléments susceptibles d’intéresser d’autres collectivités.
En face, les participants devenaient des « acheteurs », à la recherche de solutions adaptées aux défis de leur propre territoire. Les échanges directs leur ont permis de questionner les pratiques présentées, d’en apprécier la pertinence et d’en examiner les possibilités d’adaptation.
Au terme des présentations, les communes intéressées se sont concertées pour identifier les pratiques qu’elles souhaitaient « acheter ». Au-delà de la métaphore commerciale, cet exercice traduit l’ambition de faire du partage d’expériences un véritable mécanisme d’appropriation et de transfert de solutions entre collectivités.
Des pratiques partagées aux plans d’action
L’atelier ne s’est pas limité à la découverte de solutions. Les pratiques retenues ont servi de point de départ à l’élaboration de plans d’action d’implémentation. Chaque commune a ainsi eu l’occasion de préciser comment adapter la pratique choisie à son contexte, quels acteurs mobiliser, quelles ressources prévoir et quelles étapes suivre pour sa mise en œuvre.
Cette démarche vise à rapprocher l’apprentissage de l’action. Une bonne pratique ne peut en effet être reproduite efficacement sans tenir compte des réalités locales, des capacités disponibles et des besoins des communautés.
À travers cette approche, le programme DURAGIRE entend renforcer l’apprentissage collectif et favoriser la diffusion de solutions locales en faveur d’une gestion durable des ressources en eau. Les communes sont ainsi invitées à apprendre les unes des autres, à adapter les expériences pertinentes et à transformer les connaissances partagées en actions concrètes au bénéfice des populations.
Deux jours pour se parler,
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